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Conférence de presse d’Alain Joyandet : les femmes dans le développement

L’anti altermondialiste, nouvelle recrue de l’équipe Sarkozy, passé maître du lapsus à répétition proposait lors d’une de ses conférences de presse le 18 décembre à Paris un ensemble de mesures visant à renforcer “l’égalité entre hommes et femmes” dans les actions de coopération de la France.

Une fois le malheureux Jean-Marie Bockel débouté du poste de secrétaire d’état à la coopération et à la francophonie il y a plus de 3 mois pour avoir osé braver les interdits en appelant à signer “l’acte de décès de la françafrique”, il fallait trouver un patriote sang pour sang, digne descendant de l’hommo oeconomicus “pragmaticus” pour relever les défis toujours aussi peu philantropique de la France en Afrique.

Le nouveau secrétaire d’état à la coopération et à la francophonie après avoir jubilé sur son nouveau rocking chair en cuir multiplie les bourdes verbales. Concédons-lui néanmoins que son côté “realpolitik” est un véritable coup de pied dans la fourmilière du paysage diplomatique actuel et lève un peu le voile sur l’hypocrisie ambiante à laquelle nous sommes habitués.

L’existence misérable de nos consoeurs  en wax semble moins être son leitmotiv que l’ardent pragmatisme qui l’anime. Alain Joyandet déclarait : “J’ai des convictions mais je sais aussi défendre notre pays et ses parts de marché”. L’allocation de prêts bancaires et d’investissements massifs pour l’amélioration des conditions de vie de la femme africaine semble un peu simpliste à notre goût. Dans la lignée directe des discours présidentiels en Afrique, A. Jandoyet prospecte en bon entrepreneur qu’il est, pour gagner des parts de marché pour son entreprise en crise (”il ne faut pas qu’on se fasse prendre notre place par des politiques émergentes”).

Prêchant faussement pour les objectifs visés d’ici 2015 par la charte du nouveau millénaire, charte approuvée par 189 pays sous la houlette de l’OMS, A. Jandoyet ne trompe pas. Si le panier de la ménagère ainsi que les coopératives de commerçantes africaines risquent de se réjouir de l’ensemble des mesures prévues pour l’amélioration de leur condition de travail, il est dommage qu’une fois de plus l’aide au développement soit comme à l’accoutumée dévoyée aux intérêts politico-économique d’une puissance indécrottablement bananière (”on veut bien aider les africains mais il faut que cela nous rapporte”).

“Les femmes dans le développement”, intitulé de la conférence, s’imbrique dans une stratégie résolument intéressée où le projet “8 chantiers pour l’Afrique” initié pour renforcer la main-mise de la France par infiltration des arcanes culturels et économiques ne trouve pas de meilleurs illustration que ces propos de M. La Bavure: “on est entré dans une coopération en pleine compétition”.

Force est de constater que le culturo-pécunier est un fond de commerce qui rapporte encore aujourd’hui.

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